ARTS et CULTURE
Posté le 01.05.2008 par bellonpog
Il existe 3 types de mariages : le mariage arrangé, le mariage choisi et le rapt.
Le mariage arrangé, pratiquait autrefois, n'était pas l'affaire de deux êtres qui s'aimaient. Il liait avant tout deux familles, deux clans.. On peut même dire que l'organisation du mariage impliquait plus les parents que les futurs époux. Un père qui considérait que son fils avait atteint l'âge de se marier, pouvait aller demander à un de ses amis de lui donner la main de sa fille. S'ils tombaient d'accord, le mariage se faisait. Parfois les intéressés ne faisaient connaissance que peu de jours avant le mariage.
Le mariage choisi, c'est le mariage qui unit deux êtres, de leur plein gré. Ils vivent leur relation de manière clandestine jusqu'au moment où ils décident de se marier. Ils doivent alors, pour ce faire, entreprendre, chacun de leur côté, les démarches avec leurs parents respectifs pour que ces derniers avalisent leur union et procèdent aux formalités de mariage usuelles.
Le rapt est le mariage par enlèvement. L'homme organise un plan minutieux pour soustraire la jeune fille ou la femme de chez elle et l'emmener dans son village. Le futur époux délègue une de ses soeurs pour aller enlever ou voler la fille. Le rapt accompli, les 2 femmes arrivent dans la nuit au village où la nouvelle est installée dans la plus grande discrétion. Au petit matin, sa présence est signalée par des cris de réjouissances. Pendant ce temps, elle est portée disparue chez ses parents qui dépêchent une personne pour aller à sa recherche. Lorsque celle-ci arrive au village, elle manifeste sa colère. Pour la calmer, on lui paie une amende sous la forme de petits présents divers, puis on lui donne à manger. Elle retourne alors dans son village pour rassurer la famille. Elle n'est pas tenue de déclarer les dons reçus. Toutefois, le rapt était considéré comme inamical et était à l'origine de la plupart des guerres tribales.
Posté le 30.04.2008 par bellonpog
Un nouvel article sur le mariage coutumier au Gabon, extrait de la revue Gabon Magazine :
"L'évolution des moeurs, les mariages inter-ethniques, les apports extérieurs, la non transmission des usages traditionnels aux nouvelles générations font que le mariage traditionnel, qui est encore très vivace au Gabon, tend progressivement à ne plus avoir de repères précis et donne lieu à des déviations dont souvent, les pratiques vont tout à l'encontre des fondements, de la symbolique et valeurs originels.
Le mariage, en effet, tend à devenir d'une part, comme dans la société occidentale, l'affaire d'un couple qui décide de s'unir légalement, et d'autre part, l'occasion pour les parents de la femme de faire de la surenchère. Or dans la tradition, le mariage était, avant tout, une alliance de clans, de familles et accessoirement d'individus.
Les mariages arrangés étaient parfaitement compatibles, cohérent avec cette fonction. Ils avaient ainsi un caractère politique. Un polygame était considéré comme un homme puissant car il avait de nombreux alliés (ses multiples belles-familles), utiles en cas de conflit, et de nombreux enfants, utiles, eux, pour les différents travaux et pour élargir encore plus le réseau des alliances. On peut supposer que la famille élargie prend sa source dans cet ordre. Par conséquent, chacun, de façon inaliénable, appartient à une famille, à un clan.
Socialement, le mariage vient mettre un terme au célibat qui est plutôt mal perçu dans la tradition, bien qu'un père puisse décider d'y maintenir sa fille pour diverses raisons. Encore de nos jours quelle que soit la situation qu'il ou elle peut occuper, le ou la célibataire n'atteint jamais le degré de respectabilité qui est réservé au marié ou à la mariée. D'autant que, dans la société patrilinéaire, il n'a pas de descendance légale, la filiation étant adossée au versement de la dot. C'est à dire que socialement dans le cadre de la tradition, le mariage peut être assimilé à un rite de passage dans le sens d'une maturation que confère l'acquisition de rôles et de fonctions nouveaux. Un individu appartient à un clan. Mais c'est le mariage qui lui confère une distinction et une place dans la société, dès qu'il fonde son nda bot, sa maison et donc qu'il créé les fondements d'un lignage.
De nos jours encore, la fracture entre le célibat et le mariage est perçue comme étant la différence entre le fait ne n'être pas responsable et le fait de l'être.
Il existe deux étendues du mariage dans la tradition : le mariage endogamique qui consiste à épouser un membre de sa famille et le mariage exogamique, qui consiste à épouser un membre d'une famille, d'un clan ou d'une tribu autre que les siens. Par conséquent, les limites de l'interdit varient selon les groupes ethniques ou selon les cas.
Le mariage endogamique est plutôt relatif. Chez les patrilinéaires, un homme peut, après tractation, épouser un membre du clan de sa mère, pourvu qu'ils n'aient pas de lien de sang. Chez les matrilinéaires, plus particulièrement dans le Haut-Ogooué, les époux peuvent avoir des liens de parenté plus proches tels que décrits dans le cas de obahayi et ondala.
L'obahayi est un mariage négocié par les parents ou par les membres de familles amies. Dans le mariage négocié par les parents, il fallait être de la même ascendance en respectant bien les générations. Il fallait attendre après 2 générations pour éviter la maladie du sang qui s'appelait mbala. Les cousins et les cousines de la troisième générations pouvaient bien se marier entre eux sans problème. mais l'inceste entre frères et soeurs, considéré comme un crime odieux, était réprimandé par la coutume et méritait même la peine de mort.
L'ondala est un mariage entre les grands parents et les petits enfants. Celui-ci était un peu forcé, car le plus souvent, on imposait à la jeune feille un vieux parent qu'elle n'acceptait pas facilement.
Le mariage exogamique tire ses fondements du fait de l'organisation sociale qui accorde une place et un statut précis à chacun d'une part, et d'autre part, à l'extension des réseaux d'alliances. Le mariage étant avant tout une alliance de clans et de familles, les partenaires ne sont pas des individus, mais des clans. Dans la tradition, on considère par exemple que sa fille est en mariage chez les Mebane ou que son fils a épousé une Baboumbi. Celle qui a épousé un Mebane est une épouse Mebane et non la femme de tel ou tel Mebane en particulier. Elle appartient désormais à ce clan.
Posté le 13.03.2008 par bellonpog
Quelques mots importants à connaître si on ne veut pas être ridicule pendant une discussion :
ASSALA : nom donné au petit éléphant que l'on trouve dans la forêt gabonaise. Grâce à sa petite taille, il se faufile (autant qu'un pachyderme de cette corpulence peut le faire !) plus facilement dans la densité de la forêt équatoriale du pays.
BANTOUE : un grand nombre d'ethnies de l'Afrique centrale sont reliées par leur appartenance à un fonds linguistique commun, celui de la langue bantoue. Cette langue à "tons" a fait l'objet d'une étude doctorale sur "l'ère de civilisation bantoue" au laboratoire d'anthropologie de l'université de Libreville. Complexe dans sa structure, elle est caractérisée par 7 ou 8 genres. Son origine se situe non loin du Gabon, entre le Cameroun et le Nigeria. Les pygmées mis à part, quelques 50 ethnies se côtoient au Gabon dont la grande majorité appartiennent à la famille linguistique Bantoue.
BILANGOTER : jeter un sort à quelqu'un ou faire intervenir un sorcier pour attirer le malheur sur autrui. Autant donc éviter de se faire bilangoter !
BWITI : pratiqué par les ethnies du centre du Gabon, le culte du Bwiti, qui invoque principalement les parents défunts, apparaît comme l'une des plus importantes traditions ésotériques du Gabon. Sa dynamique s'appuie sur une philosophie qui invite la société vivante à créer et à maintenir le lien entre les générations. Plus qu'une religion, le Bwiti est considéré comme une structure sociale de représentation des sociétés gabonaises en matière de culte, d'enseignement et de thérapie. On trouve en effet des initiés, "les bwitistes", dans toutes les ethnies du Gabon.
NGANGA : dans la cohérence philosophique du Bwiti, le Nganga est un personnage fondamental. Grâce à sa connaissance des vertus thérapeutiques des plantes, il joue un rôle de guérisseur, mais garantit également le lien spirituel entre le monde des forces végétales et le monde animal, humain, astral et minéral, les différents règnes s'inscrivant dans un équilibre et une unité interrelationnelle. (voir plus loin dans la rubrique des photos d'un rituel Bwiti)
IBOGA : appelé aussi bois sacré, c'est une plante hallucinogène qui pousse uniquement au Gabon et accompagne les rites d'invitation bwitistes, en s'associant au conditionnement musical pour assurer l'entrée en transe. (voir plus loin l'article consacré à l'Iboga).
COUPÉ-COUPÉ : on trouve des vendeurs de coupé-coupé dans la rue. Préparée le matin, la viande, en général de boeuf, est grillée au charbon de bois et découpée en petits morceaux. Ces derniers sont ensuite servis dans du pain, avec moutarden piment et ketchup, ou bien dans une feuille de papier, à emporter.
FANG : la plus importante ethnie du Gabon. Sa langue le fang, est parlée par une grande partie de la population.
KONGOSSA : mot originaire du Cameroun, le kongossa s'apparente au commérage.
MAQUIS : c'est le nom que l'on donne au petit restob de bord de route.
MATITI : littéralement, le matiti désigne un parterre d'herbes folles, mais on utilise aussi ce terme pour décrire, dans les quartiers, un endroit malfammé où l'herbe pousse entre les cases en tôle.
MIANG : synonyme local de bakchich.
MVETT : instrument de la musique traditionnelle fang, le Mvett est aussi l'art de la parole, le conte dans la tradition orale du Gabon.
REGAB : nom de la bière gabonaise produite par la SOBRAGA (SOciété des BRAsseries du GAbon). Autrefois, on disait que REGAB signifiait, "REgardez les GAbonnais Boire" et la SOBRAGA s'appelait à l'époque la SBOM qu'on décomposait comme étant les initiales de "Sans la Bierre On Meurt".
MAKAYA : c'est le terme qu'on utilise pour désigner le va nu pieds du Gabon, celui qui mendie et qui n'a pas toujours un toit pour s'abriter.
VIN DE PALME : c'est la boisson alcoolisée traditionnelle. Il existe 2 méthodes de fabrication du vin de palme : soit on coupe l'arbre et on récupère la sève sur l'arbre coupé, soit on entaille l'arbre sur pied. On laisse fermenter la sève quelques jours en y ajoutant une racine de bois amère qui alcoolise davantage.
Posté le 03.03.2008 par bellonpog
Un petit tour des principaux artistes de la chanson gabonaise. Promis je vais vous ajouter très prochainement des extraits à écouter.
En attendant, vous pouvez vous rendre au Festival AKINI consacré à la danse Hip Hop qui se tient à Libreville du 03 au 08 mars 2008.
Et pour ceux qui sont en France, le 10 mai 2008 se déroulera à Paris la 2ème édition de la grande nuit gabonaise.
Posté le 03.03.2008 par bellonpog
Patience Dabany est un cas à part. Cette chanteuse gabonaise exilée à Los Angeles, amie de Thelma et Withney Houston, a épousé, en 1959 Albert-Bernard Bongo. Lorsque ce dernier devient, en 1967, président du Gabon, elle est la Première dame du pays. On l’appelle Madame la présidente dix-huit ans durant, avant qu’elle ne quitte son époux pour entamer une carrière artistique entre l’Afrique et les Etats-Unis. Depuis, le peuple gabonais l’appelle «Maman». Parce qu’elle est la mère de trois enfants du Président, dont Ali, ministre de la Défense. Et aussi parce qu’elle a aidé une nouvelle génération d’artistes à démarrer, comme Oliver NGoma, Aziz Inanga ou Angèle Assélé.
Elle vient de sortir un septième opus, Obomiyia, avec la participation de Quincy Jones, Jacob Desvarieux, produit par le Camerounais Edgar Yonkeu. Un disque qui sent bon la forêt gabonaise et qui se veut une initiation à un voyage folklorique dans ce pays coupé en deux par l’Equateur. "Folklorique, certes, concède Edgar Yonkeu, mais il fallait y rajouter des ingrédients pour que les oreilles occidentales puissent l’écouter. Faire chanter des choeurs pygmées, c’est facile, mais les rendre accessibles aux danseurs des boîtes de nuit de Libreville à Los Angeles est une autre affaire." Car Patience Dabany a cette volonté de faire carrière des deux côtés de l’Atlantique.
Posté le 03.03.2008 par bellonpog
Oliver N’Goma, est né à Mayumba, dans le sud-ouest du Gabon, le 23 mars 1959. Son père, enseignant, passe pour être le meilleur joueur d’harmonium de la région; il initie dès l’âge de huit ans le jeune Oliver.
En 1971, la famille quitte Mayumba pour la capitale, Libreville. Oliver y fait des études de comptabilité au lycée technique. Très vite il se lie à l’orchestre du lycée, Capo Sound, dans lequel il devient guitariste. De bals, en soirées dansantes, Oliver se familiarise à la scène en reprenant avec le groupe des standards de la musique africaine ou internationale.
Mais les études pour devenir comptable ne l’emballent guère, Oliver préfère se consacrer à ses deux passions: le cinéma et la musique. Il commence à collectionner des instruments de musique, se bricole un petit home studio, et nourrit le secret espoir de devenir musicien professionnel, mais c’est du coté de sa deuxième passion, la caméra, que le destin se précise: il est engagé comme caméraman à la deuxième chaîne de la TV gabonaise, et part en stage à Paris, en 1988. Pendant un long hiver passé à Paris, il peaufine les maquettes réalisées à la maison.
Un jour, il rencontre Manu Lima, l’un des meilleurs réalisateurs/producteurs de la scène africaine parisienne, ex leader de Cabo Verde Show, et qui a relancé la carrière de nombreux grands artistes africains, de Monique Séka à Pépé Kallé. Manu est intéressé par les mélodies que lui apporte Oliver, il se charge de la direction artistique du premier disque d’Oliver. L’album incluant la chanson BANE sort enfin en provoquant d’abord un petit succès d’estime. Mais grâce notamment à la radio Africa N°1, à Gilles Obringer sur R.F.I., puis aux discothèques en France, comme en Afrique, BANE devient un tube colossal en 1990 dans toute l’Afrique, en France, jusqu’aux Antilles, où même encore aujourd’hui il n’existe pas une “soirée” digne de ce nom, sans que l’on ne passe sur les platines BANE
Posté le 03.03.2008 par bellonpog
Pierre-Claver Akendengue est né à Awuta, dans l'île Nengué Sika de la lagune du Fernan-Vaz, au Gabon, le 25 avril 1943. Son enfance se déroule dans un milieu de paysans, bercée par le flux et le reflux des vagues sur les rives de l'île. Il compose ses premières chansons à l'âge de 14 ans. Après ses études secondaires au Gabon il part en France et en 1967, entre au Petit Conservatoire de Mireille, à Paris, pour 3 ans. Il enregistre son premier 45 T, Ghalo Ghalo, en 1972. Parallèlement aux études de musique, il fait des études en psychologie, et après avoir obtenu son doctorat en 1987, il retourne au Gabon.
C'est tout un tableau de l'histoire sociale contemporaine de l'Afrique que l'on trouve dans son répertoire. Il relève les imperfections de la société, dénonce le règne de l'argent qui étouffe les rapports humains, la misère des plus pauvres, la gabegie de certains nantis, l'exploitation morale, physique et économique endurée par les Africains, le néocolonialisme, l'oppression. Il chante aussi la beauté de la nature, la liberté, l'amitié et son amour pour l'Afrique. Comme les anciens, Akendengue utilise les métaphores et les contes pour faire passer son message. Il interprète ses chansons le plus souvent en myènè (sa langue maternelle) mais aussi en français.
Akendengue est aussi guitariste, compositeur, auteur et arrangeur de toutes ses chansons. Il a composé également des musiques de films, dont une a gagné le Prix de la meilleure musique de film (Les Coopérants) au Fespaco en 1985.
Posté le 02.03.2008 par bellonpog
Chanteuse gabonaise d’origine Punu, Annie-Flore Batchiellilys est née à Tchibanga. Figure incontestable de la scène live, elle a présenté en Afrique, Europe et Amérique du Nord, un répertoire dont elle est l'auteur compositeur, et dont le dynamisme prend sa source dans les rythmes du Gabon et du monde. Friande de rencontres musicales, elle a travaillé avec Ray Lema, Lokua Kanza, Carlo Rizzo, Cynthia Scott, Qui-Xia-He… Formée à l'école de la tradition, mais aussi très influencée par le jazz, Annie-Flore Batchiellilys a obtenu plusieurs prix dont celui du meilleur Espoir féminin aux Koras 2002 (Afrique du sud). Elle a aussi été nommée ambassadeur de bonne volonté de l'Unicef en 2005. Annie-Flore Batchiellilys a autoproduit trois albums et a fait son premier Olympia le 21 janvier 2008.
Posté le 23.02.2008 par bellonpog
Dans l'UNION du vendredi 22 février 2008, on trouve en dernière page un article intitulé : "Mariage coutumier en pays Punu".
Tout d'abord, pour ceux qui ne le savent pas, l'UNION est le quotidien d'informations locale. Il a 33 ans d'existance et pas d'égal ! On y trouve une page Port Gentil et en couverture un article quotidien intitulé : Pour moi quoi ... Makaya, dont je vous ferai partager la finesse ultérieurement.
Mais revenons-en à notre article sur le mariage à la coutume, car c'est très intéressant et pour ne rien perdre du déroulement de cette cérémonie, je vais vous recopier tout l'article :
"Le jour du mariage, fixé d'un commun accord par les familles des futurs conjoints est arrivé. Le jeune homme, le coeur battant la chamade, et les siens (parents paternels et maternels) débarquent au domicile de la famille de la demoiselle chargés de cadeaux de mariage, les biens composant la fameuse dot.
L'endogamie (mariage à l'interieur d'un clan) étant interdite chez les Punu, les deux familles se sont au préalable assuré que la fille et le jeune homme n'appartiennent ni au même clan paternel, ni au même clan maternel. Il n'est toutefois pas exclu qu'on remonte plus loin dans l'arbre généalogique.
Au début de la cérémonie, les parents de la jeune fille feignent d'ignorer ceux du jeune homme. "je vois un groupe de gens ici. Qui sont-ils ? Que veulent-ils ?" interroge à la ronde le porte parole. Il s'agit en général d'un oncle maternel de la future mariée. Mais la famille peut s'attacher les services d'une personne extérieur, pour ses qualités de débatteur, car la cérémonie de mariage est une véritable joute oratoire.
Le porte parole de la famille du garçon, là aussi un oncle maternel en général, répond : "J'ai vu une jolie fille passer. Elle est entrée ici. C'est elle que nous sommes venus chercher."
Auparavant, il doit décliner son arbre généalogique, pour prouver qu'il n'y a aucun lien de parenté entre les futurs mariés. Les interlocuteurs se lèvent pendant la prise de la parole.
L'ai faussement menaçant, le doyen des hôtes réplique : "Faites attention, ici il n'y a que des femmes mariées. Vous venez nous provoquer à domicile !" Si dans le passé, il y a eu des conflits entre les deux familles ou leurs alliés, ils sont remis sur la table. Si c'est le clan du garçon qui les avait provoqués, il est obligé de payer des amendes, sous formes d'objets traditionnels.
Passé cette étape, l'oncle de la fille fait mine de revenir à de meilleurs sentiments et demande : "qui est cette poule que vous cherchez et comment est elle ?" Son homologue dans l'autre famille donne le nom de la jeune fille et la décrit avec force détails, afin de convaincre qu'il sait de qui il parle.
S'ensuit un test. On aligne des jeunes filles voilées, parmi lesquelles ne figure pas parfoi la future mariée, et on demande à l'oncle de désigner la "poule" qu'il est venu chercher. S'il se trompe, une amende lui est réclamée et on recommence jusqu'à ce qu'il débusque la fille en question ou jusqu'à ce qu'il soit mis un terme à l'exercice pour éviter la lassitude de l'assistance.
S'il réussit à faire remarquer l'absence de sa future bru, quand elle ne figure pas parmi les filles présentées, on fait partir les filles pour les faire revenir quelques temps après avec dans le groupe "l'objet" convoité. Une fois la fille repérée, l'oncle du garçon la présente à l'assistance en vantant sa beauté, ses mérites de femme digne, etc. Puis vient l'étape du versement de la dot, qui donne lui à d'interminables débats au cours desquels fusent les proverbes et en permanence interrompus par des conclaves (fundu : lire "foundou"). La cérémonie de mariage est aussi l'occasion de faire étalage de son éloquence et de sa parfaite connaissance des coutumes.
Au moment du versement de la dot, le père du jeune homme confie le franc symbolique à son fils, qui va le remettre à sa dulcinée assise en face d'eux, à côté de ses parents. Si elle n'est pas consentante, elle le lui rend. Si elle accepte de l'épouser, elle ira donner le franc symbolique à son père. Dès lors, l'oncle du garçon dépose la dot devant la famille de la fille.
En ce qui concerne l'argent, aucun montant n'est exigé parce que en pays punu, la notion de dot se confond avec l'union des deux familles. Par exemple, l'accueil chaleureux que l'homme réserve aux membres de sa belle famille, le soutien moral matériel ou financier qu'il apporte quan
d ils sont en détresse, tout cela s'inscrit dans la dot. Lors de la contraction du mariage, la dot est divisée en deux parts: une pour la mère de la mariée et l'autre pour son père. Les biens comme le raphia, la hache, la machette, la lime et la lance (de nos jours un fusil) sont incontournables dans le lot destiné au père. Dans celui de la mère, il faut la nasse, le panier, la natte, la la machette, la marmite en terre cuite et la calebasse.
Après la conclusion du mariage, les deux familles font bombance. Puis, le marié et sa famille prennent congé des beaux parents sans emmener la mariée. Autrefois, le marié pouvait se livrer à un rapt, en allant enlever sa femme chez elle. De nos jours, c'est la famille qui accompagne la conjointe chez son mari après lui avoir fait un trousseau composé des symboles d'ardeur au travail (panier, bretelles et machette) et abondance de vivres (nasses, gibier et provisions). La natte symbolise la quiétude du sommeil et le vin de palme la bravoure que doit avoir le gendre. Quand la belle famille rentre, le gendre doit encore couvrir de présents, qui sont une autre forme de dot.
Dans la tradition punu, c'est le père qui devait choisir une femme à son garçon, naturellement au sein d'une famille de bonne réputation, dans le même village ou dans un autre de la même contrée, lors de ses pérégrinations. L'âge du mariage d'une fille n'est pas spécifique, la moyenne étant 15 ans.
Le jeune homme, lui, doit avoir fait la démonstration de sa maturité. C'est pourquoi il est en général de loin plus âgé que sa moitié. Il arrive qu'on choisisse l'enfant à naître, en espérant que ce sera une fille.
A l'origine, le choix de la jeune fille reste secret entre le père et la mère du jeune homme. La mère aura pour mission de fréquenter assidûment désormais celle de la jeune fille. Et au moment propice, elle avouera ses intentions. Si elle ne rencontre aucune opposition, elle informera son mari de l'accord tacite. De son côté, la mère de la jeune fille commencera à préparer psychologiquement la future épouse, sans attirer l'attention du père, qui sera le dernier à être informé.
Commencent les contacts entre le jeune homme et la future belle famille. Il sera appelé à prêter sa force physique à son future beau père pendant les travaux champêtres, la pêche, la chasse ou la réfection des cases. Tout contact est strictement interdit entre le garçon et la fille, car cette dernière doit garder sa virginité jusqu'au mariage. D'ailleurs, les parents s'arrangent pour que les deux enfants ne se croisent jamais. C'est plus tard que la mère de la jeune fille informe son mari des véritables raisons de la présence du garçon chez eux. "Tu vois ce jeune homme poli, travailleur qui nous rend service, il est ici pour demander la main de notre fille", expliquera-t-elle.
Comme toujours, ce sont les deux familles (paternelle et maternelle) du futur marié qui réunissent la dot.
Posté le 05.02.2008 par bellonpog
Des pensées profondes qui sont une source d'inspiration inépuisable ...
- Ce n'est pas aux jeunes de dire aux vieux ce qu'est la coutume.
- Une grosse tête est une lourde charge
- Il vaut mieux être heureux qu'être roi
- Tu as trois amis au monde : le courage, l'intelligence et la sagesse
- L'imbécile cherche le fumier là où les vaches n'ont jamais brouté.
- Les erreurs sont comme les montagnes : planté au sommet de la sienne on parle des autres.
- Celui qui pose des questions doit accepter de recevoir des réponses.
- Ne te plains pas que Dieu ait créé le lion, remercie le plutôt, qu'il ne lui ait pas donné d'ailes.
- Les yeux ne se fient qu'à eux même, les oreilles se fient aux autres. Seul le coeur est indépendant